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Atelier

L’école, passage obligé pour réussir ?

5 septembre 2018

L’école, passage obligé pour réussir ?

Cet article est rédigé dans le cadre d’un événement inter-blogueurs réalisé par jaimepaslecole.com. Le thème proposé est « école et réussite » avec pour problématique « l’école, passage obligé pour réussir ?». Avec mon parcours atypique et peu conventionnel, je trouvais ce sujet très intéressant à traiter.

Sur l’autoroute de l’éducation

Comme beaucoup de gens, j’ai commencé ma scolarité dans une école maternelle. Autant dire que j’en ai très peu de souvenirs donc difficile de dire si ce fut une véritable réussite ou non. Il n’en reste pas moins que jusqu’au lycée, je suis passée de classe sans problème et sans me poser trop de questions quant à valeur de l’éducation reçue. Très bonne élève, plutôt réservée et bien élevée, je n’ai jamais vraiment rencontré de difficulté. Si ce n’est avec mes congénères… pardon camarades de classe. Je n’ai jamais eu à stresser pour un examen, j’avais toujours des points d’avance.

Bref tout allait pour le mieux, mais ce n’est pas pour autant qu’en fin de 3ème je savais ce que je souhaitais faire de ma vie. En même temps, à même pas 15 ans, que connaît-on vraiment de la vie ? Et pourtant c’est à ce moment-là que l’on commence à vous mettre dans des cases. 4 cases pour être plus précise, littéraire, scientifique, économique et professionnelle, qui secrètement sont classées par ordre de moyenne générale. La scientifique pour les plus doués, puis la littéraire, ensuite l’économique et enfin la professionnelle. Si vous vous sentez outrés du message caché sous ses lignes, sachez que c’est clairement comme ça que l’on a été conditionné.

Et comme une enfant bien conditionnée, j’ai suivi les conseils de mes professeurs et j’ai choisi un parcours scientifique puisque cette section « ouvre beaucoup plus de portes » à ce qu’il parait.

Hors des sentiers battus

Et là changement radical, je me découvre une passion pour la couture. Quelques semaines avant la fin de ma troisième, j’insiste auprès du proviseur de mon établissement pour entrer en section professionnelle la rentrée suivante. Chose que mon professeur principal trouvait aberrante et refusait d’accepter. Mon niveau scolaire était bien trop élevée pour du professionnel, j’allais m’ennuyer en cours et forcément n’allait pas réussir. Il valait mieux passer mon Bac et voir ensuite.

J’ai une confession à vous faire. Je suis têtue ! S’il refusait de me laisser partir dans ce BT, j’irais voir au-dessus. Et c’est ce que j’ai fait. Au revoir le Bac S option science de l’ingénieur, bonjour Brevet de technicien vêtement création sur mesure. Conclusion : j’ai adoré les 3 ans en BT, ce n’était pas facile tous les jours, et vous savez quoi ? J’ai réussi à obtenir mon diplôme haut la main (avec quelques rares mauvaises notes :p )

Mais cela veut-il dire que j’ai réussi ? Pour obtenir mon diplôme : oui. Allait-il être la clé de ma réussite professionnelle ? Non, enfin pas immédiatement.

Passer par l'école pour réussir dans la vie? Couture
Passer par l’école pour réussir dans la vie? Couture

Une porte se ferme

Malgré mon diplôme en poche, j’ai dû faire face à un échec cuisant. Celui de ne pas être reçu en école de costumes. Pour quelle raison ? Non les rares mauvaises notes n’y sont pour rien, mon dossier scolaire était très bon (sincèrement sans me vanter). Non le vrai problème était mon âge. Je finissais le lycée à 17 ans. Je manquais de maturité. Voilà ce que l’on m’a dit. « Faites autre chose en attendant. Une licence par exemple. Et re-postulez après. ». C’est ce qu’on appelle une claque dans la … face. Mais moi je n’avais pas envie de faire autre chose. C’était ce que je voulais faire ! Je vous l’accorde à 17 ans j’étais loin d’avoir atteint le niveau de maturité d’aujourd’hui, mais j’ai envie de dire : normal. Mais est-ce vraiment un critère suffisant pour ne pas donner sa chance.

Maigre consolation : j’ai appris quelques années plus tard que c’était malheureusement l’excuse qui ressortait souvent et que c’était un choix de leur part que de choisir des élèves d’un niveau supérieur. ET que, au vu du niveau technique, je me serais ennuyée en cours.

C’est à ce moment-là que la réalité m’a frappé en pleine figure, que tous les beaux discours de réussite scolaire pour ensuite trouver le travail de ses rêves n’étaient que de la poudre aux yeux.

Je me suis donc rabattue sur mon second choix par dépit. Et encore une fois la réalité a frappée à ma porte. L’industrie textile n’était pas faite pour moi.

Quelques détours

Lorsque l’on se retrouve au pied du mur, on a deux choix: y rester ou avancer. Et c’est ce que j’ai fait. Afin de me réorienter je devais me mettre à niveau. Chose que j’ai faite de chez moi par correspondance. Ce fut difficile au début, j’abordais des sujets et des matières que je n’avais pas vues au lycée, et tout ça pendant une année. Je devais aussi rester organisée dans mes cours et respecter l’emploi du temps que je m’étais imposée. Et finalement, cela est devenu de plus en plus facile.

La mise à niveau n’était qu’une étape de transition pour accéder au BTS. Il n’était donc pas question de rester une année de plus chez moi. Je m’étais donc inscrite dans plusieurs lycées. Mais bien évidemment c’était trop facile, et espérer que mes premiers choix m’ouvriraient leurs portes n’était qu’un doux rêve. Pour le coup, je n’étais pas fraîchement diplômée du baccalauréat, donc pas prioritaire sur les listes. J’ai donc fini à Nantes pour… 3 mois.

Le peu de respect et de considération de certains membres du corps enseignants et de l’administration m’ont dégoûté de vouloir continuer à étudier là-bas. Mes notes étaient catastrophiques et je l’avoue, je n’étais pas vraiment motivée à faire des efforts lorsque l’on était tous jeté dans le même panier d’étudiants dépravés complètement bourrés en cours le vendredi matin. Sur la totalité, quelques-uns étaient là pour étudier et réussir. (petite précision : je ne suis jamais arrivée bourrée en cours dans la mesure où je ne bois pas d’alcool, et au passage, les soirées étudiantes : très peu pour moi)

Une nouvelle voie

Au bout de 3 mois à me dire que finalement j’étais une bonne à rien, que je n’y arrivais pas, je suis rentrée chez moi, je me suis inscrite pour le même BTS par correspondance, sans même tenter de récupérer mes notes catastrophiques des trois premiers mois.

Et bien croyez-le ou non, en 6 mois de temps, à étudier 4 heures par jour uniquement, j’ai rattrapé le programme des 3 premiers mois, j’ai fini mon année avec une moyenne correcte (en tout cas bien meilleur que celle des trois premiers mois) et un passage en deuxième année. Et là je me suis rendue compte qu’aller en cours était une perte de temps. Du moins pour moi.

Passer par l'école pour réussir dans la vie? Broderie
Passer par l’école pour réussir dans la vie? Broderie

J’ai testé pour vous…

L’université ! Parce que je ne voulais pas mourir bête, j’ai, à un moment donné, été à l’université. On m’avait dit que c’était difficile, que la quantité de travail personnel était énorme et qu’il ne fallait pas que je baisse les bras. J’ai fini par… mourir d’ennui. J’ai attendu cette quantité de travail personnel énorme. Je m’attendais à bosser pendant des heures chez moi à m’en arracher les cheveux et à pleurer sous ma couette.

Alors peut-être était-ce parce que je faisais une fac de langues que cela était plus facile, mais alors pourquoi les autres passaient des heures à bosser à la BU ? Mystère. Top 10 de la promo au premier semestre et année validée en ayant loupé des examens et en ne faisant plus rien… je n’ai pas compris. Car oui, l’ennui ne me motive pas et je ne travaille que sur motivation. Oui je sais je suis compliquée ! Mais hé, j’ai pu tester plein de choses différentes pour vous !

A travers champs

Et au-delà ! Ah non ce n’est pas ça l’expression ! S’il y a bien une école qui m’a beaucoup appris, c’est la vie. Beaucoup d’événements personnels, de choix et de sacrifices m’ont aidé à réaliser ô combien il était idéaliste de rêver au parcours scolaire parfait pour réussir. Et puis que signifie réussir? Pour certains ce sera obtenir son diplôme, le job de rêve, suivi de la voiture, de la compagne ou du compagnon, de la maison, des enfants, etc.

Pour moi, c’est :

  • admirer le soleil qui se lève à l’autre bout de la planète à près de 800m d’altitude parce que j’aurais réussi cette randonnée de 4h sans flancher.
  • ne pas me demander quand seront mes prochains congés.
  • réserver un vol au-dessus du Mt Cook la veille au soir alors que ce n’était pas prévu.
  • ne pas râler après le réveil qui sonne à 6h tous matins cinq jours par semaine.
  • sentir l’adrénaline qui monte lorsque j’arrive à l’aéroport.
  • ne pas passer des heures dans les bouchons ou les transports.
  • discuter avec des gens du monde entier et les étonner lorsqu’ils apprennent que je suis Française.
  • finir et porter un costume pour un concours en temps et en heure sans compter l’argent et le temps passer et en être fière.
  • acheter de magnifiques tissus à l’autre bout du monde pour en faire des pièces uniques.
  • ne pas rentrer le soir la tête remplie de problèmes du boulot.

Pour moi réussir c’est être libre !

Passer par l'école pour réussir dans la vie? Aoraki - Mt cook - Nouvelle-Zélande
Passer par l’école pour réussir dans la vie? Aoraki – Mt cook – Nouvelle-Zélande

En VO et sans sous-titres

Un parfait exemple de ce que l’école n’a pas réussi à m’enseigner, c’est l’anglais. J’ai toujours eu beaucoup de facilités d’apprentissage, surtout en langue. J’avais donc d’excellentes notes que ce soit en anglais, en espagnol ou même en japonais. Alors pourquoi je vous écris que l’école n’a pas réussi à m’enseigner l’anglais. Parce que tout ce que je pouvais avoir appris ne m’a servi qu’à 10% lorsque j’ai décidé de vivre à Londres.

J’ai tout repris de 0 lorsque j’ai touché le sol britannique. En 6 mois de temps j’arrivais à avoir une conversation correcte en anglais mais je devais encore traduire dans ma tête avant de m’exprimer. 1 an aux États-Unis et je n’avais plus besoin de penser avant de parler. 7 mois en Nouvelle-Zélande, parler anglais était naturel. Et tout ça en 2 ans et demi alors que j’avais suivis des cours d’anglais à l’école pendant… attention … 10 ans. Admettez qu’il y a un problème là.

L’école est-elle la clé de la réussite?

Je pense très sincèrement que l’école n’est pas le seul moyen d’apprentissage et que n’est pas ce qui conduit directement à la réussite. Car l’école ne vous apprend pas à être heureux. Le monde évolue et nous devons évoluer avec. Ouvrez votre esprit et apprenez, il n’est jamais trop tard !

Passer par l'école pour réussir dans la vie? Voyage aux USA
Passer par l’école pour réussir dans la vie? Voyage aux USA

Et vous quel a été/est votre parcours ? Pensez-vous avoir réussi grâce à l’école ? L’école traditionnelle est-elle vraiment indispensable pour réussir ?

Je tiens à remercier Elisabeth, du blog jaimepaslecole.com pour ce sujet passionnant pour lequel j’ai beaucoup, beaucoup écris ! Et Neige, qui, comme tous chats, fut d’un support inconditionnel lors de mes révisions!

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Créatrice sur mesure, brodeuse, globe-trotteuse, geek, propriétaire et esclave de deux boules de poils, gourmande, dormeuse, curieuse mais surtout libre et heureuse!



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